Il y a des accidentés de la
route dans la Vallée-de-la-Gatineau qui doivent
une fière chandelle aux sauveteurs bénévoles de
l'Association de sauvetage de l'Outaouais
(ASO). Saviez-vous qu'en plus d'être des
bénévoles, certains de ces sauveteurs usent de
leur ingéniosité afin d'améliorer leurs
équipements pour être plus efficaces lors
d'interventions. C'est le cas pour Serge
Lacourcière, Maurice Richard et Martin Fleurent.
"Je ne dirais pas que nous
sommes des ingénieux, disons que nous sommes de
simples patenteux. Nous connaissons nos
équipements et nous savons exactement ce qu'il
faut faire pour les améliorer. Et ça marche!"
d'indiquer le président de l'ASO, Serge
Lacourcière.
Les sauveteurs de l'ASO ont
apporté une modification aux pinces de
désincarcération en ajoutant des adapteurs aux
deux extrémités qui permettent de découper la
carrosserie des véhicules au lieu de les
déchirer.
"Ces adapteurs font le
travail en moins de temps. Et vous savez comme
moi, que le temps est précieux quand une
personne est emprisonnée dans son véhicule. En
minimisant le temps pour l'en sortir, la
personne améliore considérablement ses chances
de survie et on peut la transporter plus
rapidement à l'hôpital pour qu'elle soit
soignée" précise Serge Lacourcière.
Les adapteurs sont insérés au
bout des deux pinces et permettent de découper
la carrosserie sans que ces même pièces ne
glissent sur la tôle. Le concept a été mis au
point par Maurice Richard et les adapteurs ont
été fabriqués par le soudeur Réjean Pelletier. "Réjean
a fait de l'excellent travail et nous tenons à
souligner son expertise. Les adapteurs sont
solides, nous le savons car nous avons eu à les
utiliser à plusieurs reprises" précise Maurice
Richard.
Poutre de soutènement
Quand les sauveteurs arrivent
sur les lieux d'un accident, ils doivent
s'assurer de stabilisesr le véhicule accidenté.
Ils ont alors recours à la poutre de soutènement
qui a été modifiée de façon à lui ajouter une
maille édentée que les sauveteurs ajoutent au
pied de la poutre qui a pour effet de la
stabiliser pendant que les sauveteurs s'assurent
que le véhicule est bien stabilisé tant pour
leur sécurité, que celle de l'accidentée. Ils se
servent également d'un système de courroie qu'on
attache à la poutre, aux deux extrémités du
véhicule, pour le soulever et le fixer afin de
permettre l'exercice de la désincarcération et
l'intervention des ambulanciers.
"Comme nous n'avons pas les
moyens financiers pour nous équiper étant donnée
la valeur excessive pour les équipements de
sauvetage, nous devons nous organiser pour que
nos interventions soient efficaces et nous
donner toutes les chances possibles de sauver
des vies. Les pinces de désincarcération sont un
équipement qui vaut au moins 2 000$, ajoute
Maurice Richard."
Ces fameuses mailles ont été
pensées par le secouriste Martin Fleurent.
Depuis que les mailles ont été ajoutées aux
pinces de désincarcération, les exercices de
sauvetage ont été facilités et permettent de
réduire le temps d'intervention pour le
sauvetage.
"Nous travaillons en équipe
avec les ambulanciers qui attendent souvent la
fin de nos opérations pour stabiliser
l'accidenté. Nous leur donnons une marge de
manoeuvre pour qu'ils puissent prodiguer les
premiers soins à la victime d'un accident",
précise Serge Lacourcière.
Un pied pour le piston
télescopique
Serge Lacourcière a inventé
un pied que les sauveteurs ajoutent à
l'extrémité du piston télescopique afin
d'atteindre les deux extrémités de la carlingue
pour en dégager le tableau de bord du côté du
siège du passager puique c'est souvent le
conducteur qui se retrouve dans une position
fâcheuse à la suite d'un accident.
"Encore là, cet équipement
vaut 1 500$ à l'achat et il est fait
d'aluminium. Nous y avons ajouté un pied en fer
qui est très solide et nous pouvons, en activant
le piston, repousser le tableau de bord plus
loin vers l'avant ce qui nous permet d'avoir
plus d'espace de manoeuvre pour dégager la
victime d'un accident. En plus pour sécuriser
l'accidenté, ce fameux pied que nous avons
ajouté au piston s'avère très efficace. Encore
là, il est important de gagner du temps. Nous
sommes convaincus que nos petites inventions
sauvent des vies" , explique Serge Lacourcière.
30 ans de bénévolat
L'ASO a été fondée en 1979,
il y a 30 ans. " Nous sommes fiers de ce que
nous accomplissons pour notre communauté
régionale. Nous sommes des bénévoles et très
fiers de l'être. Nous sommes conscients du rôle
important que nous jouons auprès des gens qui
sont victimes d'accidents. La semaine dernière,
nous sommes intervenus dans un accident de la
route à Montcerf-Lytton. L'épouse de l'homme qui
était emprisonnée dans son véhicule s'inquiètait,
avec raison, pour son époux jusqu'à ce que sa
fille, tout près d'elle, lui dise de ne pas s'en
faire puisque les Pros de l'ASO se chargeraient
de le dégager de sa fâcheuse position. Je me
suis retourné et j'ai remercié cette jeune dame.
Ça fait chaud au coeur d'être apprécié de la
sorte" ajoute Serge Lacourcière.
Les sauveteurs bénévoles
actuels tiennent à rendre hommage à ceux et
celles qui ont fondé l'ASO en 1979. Ils ont été
les pionniers du sauvetage en Haute-Gatineau.
"Je pense, qu'au départ, ils ne croyaient pas
que l'organisme allait fonctionner aussi
longtemps. Comme au début, les bénévoles ont
assuré la longévité de l'organisme au cours des
30 dernières années. Les membres de l'ASO sont
conscients du rôle qu'ils jouent lors d'un
accident. Ils sont maintenant reconnus comme des
intervenants de première ligne en matière de
santé. Sauver une vie est probablement le geste
humain le plus important à poser. Nous sommes
certains que nous avons contribué à sauver des
vies et nous continuerons de le faire en sachant
que des gens comptent sur notre expertise le
temps venu" ajoute Maurice Richard.
Une belle équipe
L'ASO est composée de treize
hommes et d'une femme. Ils sont des bénévoles
qui se rencontrent régulièrement afin de faire
le point, vérifier les équipements pour la
prochaine intervention, et penser à des façons
d'améliorer leurs interventions et leurs
équipements de sauvetage.
L'ASO est présidée par Serge
Lacourcière et comprend également Maurice
Richard, Martin Fleurent, Jocelyn Danis, Sylvio
Morin, Michel Roy, Caroline Lanthier, Serge
Riel, Jacques "Coco" Gauthier, Garry Davis,
Pierre Labelle, Jimmy Lemieux, Mike Logue et
Jean Desrivières.
L'ASO est en perpétuel
recrutement. Les gens intéressés à se joindre à
l'équipe peuvent communiquer au 819-441-7276.
Ils peuvent également visiter le site internet
du l'organisme au
www.sauvetageoutaouais.com pour en connaître
davantage sur le mandat des sauveteurs de l'ASO.
La Gatineau rend hommage à
l'équipe de sauveteurs de l'ASO qui continue de
prodiguer un service de première ligne en
matière de santé sur tout le territoire de la
MRC de la Vallée-de-la-Gatineau. Et ils le font
bénévolement. Les accidentés de la région ont
des alliés. Ils pourront toujours compter sur
l'expertise et le dévouement de ces valeureux
sauveteurs. C'est ce qu'on pourrait appeller un
engagement social exemplaire.
Bravo à vous
tous!